Le lieu a sa symbolique : le collectif Maternelles en danger s'est réuni ce lundi matin à la Mairie de Pont-l'Abbé pour dresser le bilan de l'année scolaire qui s'achève jeudi, et dévoiler les actions à mener dès la rentrée de septembre.
Le lieu est symbolique, car il souligne le soutien de la municipalité de Pont-l'Abbé au collectif, qui lutte, depuis maintenant près de trois ans, pour maintenir, dans de bonnes conditions, l'accueil et la scolarisation des enfants de 2 ans.
Le collectif Maternelles en danger regroupe des parents d'élèves et leurs associations représentatives, comme la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d'Elèves), des enseignants, des syndicats, tel le SNUIPP (Syndicat National Unitaire des Instituteurs et des Professeurs des écoles)et aussi des élus.
Certains, tels ceux de Tréméoc, Combrit ou l'Ile-Tudy, avaient fait le déplacement ce matin, pour écouter les représentants du collectif, venus, eux, de trois départements bretons (Finistère, Morbihan et Côtes d'Armor).
Reprenant les actions menées au cours de l'année, comme l'occupation symbolique des classes en mai dernier, le collectif soulignait sa satisfaction face aux quelques 500 motions signées par différentes municipalités bretonnes, en faveur de la scolarisation des enfants de deux ans.
Et si le ministre de l'époque, Xavier Darcos, a rapidement répondu au collectif, il y a de cela quelques mois, en soulignant que la scolarisation des plus petits était la loi, l'inquiétude reste toujours palpable.
Les mots étaient donc choisis et forts ce matin, tant du côté des représentants syndicaux que de celui des parents d'élèves : la remise en cause de la scolarisation des plus petits représente une "remise en cause d'un système républicain, universel et gratuit".
Mis en cause également, le comptage des écoliers par les Inspections Académiques qui ne reconnaîtraient pas, selon le collectif, l'effectif réel dans les classes. En appelant "aux administratifs" à ne pas devenir "des technocrates", le collectif souhaite avant tout préserver l'excellence de l'école maternelle française qui participe, selon lui, aux très bons résultats scolaires des bacheliers bretons...
L'école maternelle sans toute petite section, voire sans petite section ou même moyenne section laisserait la voie libre à la politique des jardins d'éveil, qui seraient, eux, financés par les collectivités, gérés donc par les Mairies.
Pour la rentrée de septembre, deux actions sont envisagées : d'une part que chaque famille concernée, chaque associations de parents d'élèves, chaque municipalité fasse remonter au collectif l'impossibilité à scolariser un enfant dans une école faute de place ; et d'autre part la création de cartes postales-pétitions "Mon copain n'a pas de place à l'école.." à adresser à l'Education Nationale. Ces cartes devraient être disponibles dans les écoles et les mairies soutenant le collectif à la rentrée de septembre.
Pour visionner un entretien vidéo avec Guy Barré, secrétaire départemental du SNUIPP, cliquez ici.