Au moment où on ne parle que de carte de santé territoriale, de fermeture de services dans les hôpitaux, il nous a paru intéressant de donner la parole à ceux qui, jour après jour, œuvrent aux soins hospitaliers. Gilles Pelletier, aide-soignant à l'Hôtel-Dieu de Pont-l’Abbé, a accepté de nous parler de son parcours et de son travail au quotidien.
Gilles Pelletier est aide-soignant depuis une quinzaine d'années. Auparavant, après des études en école hôtelière, il a été chef-cuisinier, gérant de restaurants (SNCF-Sodexo) pour les cliniques parisiennes et chef d'entreprise de nettoyage industriel.
A l'époque, marié et heureux papa d'une petite fille, il habitait la région parisienne. Et puis sa femme, originaire du Pays Bigouden, tombe gravement malade. Il décide alors de s'installer avec sa petite famille à Plonéour-Lanvern. Sans travail au départ, il s'occupe de sa femme, de sa petite fille, puis devient veilleur de nuit à la maison de retraite des Camélias. Il prend conscience à ce moment-là de ce que représentent le milieu médical, les personnes âgées, le handicap et, nous dit-il, peut ainsi mieux comprendre son épouse, la grave maladie dont elle est atteinte. Il se rend encore plus disponible pour l'aider à traverser les rudes épreuves liées à sa pathologie.
Gilles Pelletier décide alors de devenir aide-soignant et entre en formation d'une année à l'Hôtel-Dieu. Formation difficile, exigeante où on apprend les gestes, la théorie des pathologies, où on développe les qualités de patience, d'écoute, de compréhension du malade, celles que l'on a parfois en soi, sans le savoir, et Gilles les avait. Il passe avec succès son diplôme et entre comme aide-soignant à l'Hôpital de Pont-l'Abbé. Il y a une quinzaine d'années, ils étaient 15 à se former, aujourd'hui, ils sont autour de 25 à tenter l'examen.
Gilles travaille aujourd’hui au service S.S.R (Soins de Suite et de Réadaptation après les actes de chirurgie et de médecine auxquels ont été soumis les patients). Dans ce service travaillent 5 aide-soignants pour 32 malades. Certains restent en journée continue, de 7h du matin à 16h de l'après midi. Les autres travaillent de 8h à 12h et de 16h à 20h. Le planning leur est donné pour 8 semaines. Une semaine le matin (8h-12 et 16h-20h) et une semaine en continu (de7h à 16h). Un week-end sur deux, les aide-Soignants alternent un week-end en continu et un week-end en "coupe".
Pour une journée type, les aide-soignants arrivent à 7h. Se déroulent alors les transmissions avec le personnel de nuit, avant de commencer les 'bonjour' dans les chambres des malades avec les prises de température, les distributions des petits-déjeuners. Il est déjà 8h et le moment des nouvelles transmissions avec le personnel qui arrive à cette heure-là. Puis commencent les toilettes. Et vers 11 heures-11h30, c'est la distribution des plateaux repas et l'aide à apporter à ceux qui en ont besoin.
Il n'y a pas de temps défini avec un patient. Il faut évaluer, dès le début de la matinée, grâce aux transmissions de la nuit, combien de temps va demander chaque malade. Les gestes, les soins sont alors adaptés à chaque cas.
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