Lumineuse, légère, tout en jolie féminité auréolée de boucles blondes, Nolwenn Korbell accepte une tasse de café et nous parle de son enfance, de ce que lui ont apporté sa mère, la chanteuse Andrea ar Gouilh, son père, sonneur, qui écoutait l’Amérique à la maison et y apportait une autre ambiance musicale ! La voix est posée, les mots justes, la présence est à la fois forte et sereine. On se laisse porter…
Nolwenn Korbell est née à Quimper et a passé toute son enfance à Douarnenez entre un frère cadet et des parents artistes. Enfance bercée par les chants traditionnels, le Barzaz Breiz, la poésie et les voyages avec la famille pour des concerts dans toute la Celtie.
Nourrie dès sa naissance au lait de cette langue bretonne qu’elle aime et qu’elle défend, Nolwenn écrit ses textes en breton car, dit-elle, «une langue qui meurt, c’est une façon de dire le monde qui s’en va.» Elle entraîne alors dans ses émotions, dans ses «rages», dans son amour pour sa langue, avec sa voix chaude et sensible, un public qui en redemande. Femme auteur, interprète, compositeur, elle travaille depuis 2003 soit en groupe, soit en duo avec le guitariste Soïg Sibéril. Mais revenons au fil de sa vie.
A 18 ans, le bac en poche, Nolwenn Korbell s’inscrit à la Fac de Rennes, en allemand, parce qu’elle veut découvrir plus avant «la langue de Heine,Goethe, Bach et Freud». Elle y suit également des cours de gallois et d’approfondissement du breton. Parallèlement, elle travaille sur FR3 et sur France 3 Ouest à Rennes, où elle présente une émission en breton et en direct tous les samedis, avant le journal. Déjà, à 16 ans, elle doublait des dessins animés en breton, appelée par Youenn Gwernig qui y dirigeait les émissions bretonnes.
Et puis, parce que c’était son désir depuis toujours, elle décide de passer le concours du Conservatoire d’Art Dramatique. Admise haut la main, elle y suit des cours pendant trois ans, tout en continuant son travail sur FR3.
C’est dans ces années-là qu’elle rencontre Alexandre Damnianovic, chef de chœur à l’Opéra de Rennes. Elle tente alors le concours du Conservatoire de chant lyrique à Paris : jouer et chanter en même temps, le rêve ! Elle échoue … mais rencontre l’amour en la personne d’un écrivain, chanteur gallois, travaillant pour la télévision galloise à Rennes, qui tombe sous son charme.
Nolwenn décide alors de partir avec lui pour le Pays de Galles. Elle va y rester une dizaine d’années, avec des allers-retours fréquents vers la Bretagne, dont Rennes. Là-bas, dans les terres arides du Nord Gallois, elle joue dans des séries télé, des petits clips, des feuilletons ; elle chante dans le groupe folk rock Bob Delyn a'r Ebillion. .
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