Au Pays Bigouden.com : le Portail du Pays Bigouden
Une bigoudène à Pont-l'Abbé  
    
    Serge Duigou  
    Jacques Godin  
    Bruno Matignon  
    Melaine Favennec  
   
 

 
10% de réduction ....
avant le 31 juillet  
    Ingrid Betancourt  
    Le Tour au Guilvinec  
    Pétition pour les urgences  
    ''Ar freskenn'' ... un peu de rêve  
   
  Portrait de Jean-Yves Buhannic
Les dunes de Tronoën, la rivière de Pont-l’Abbé, les prairies aux moutons autour de St-Vio, autant d’endroits qu’il a observés, scrutés sous la lumière changeante du ciel breton et aimés pour les peindre ensuite. Le lieu de son enfance est bien ici, là où il est né, où il a grandi, là où il a connu ses premières expressions artistiques, là aussi où ses parents se sont aimés, jadis, pendant cette dernière guerre qui n’en finit pas de bouleverser les filiations et d’engendrer des secrets de famille.

C’est bien ici que Jean-Yves Buhannic, l’enfant du pays, l’artiste-peintre reconnu bien au-delà des frontières du pays bigouden, a ses racines. C’est à Pont-l’Abbé même, sa ville natale, qu’il a exposé ses œuvres pour la première fois en 1974, avant de connaître une renommée plus importante à Paris, Rennes, Cannes ou aux Etats-Unis.

C’est non loin de la capitale bigoudène, dans un très bel endroit, au Manoir de Kérazan, que nous le rencontrons, lors de son exposition : s’il fait gris et humide dehors, l’exposition de Jean-Yves Buhannic offre, tout comme l’artiste lui-même, un peu de chaleur et lumière. Les œuvres exposées ici, pendant quinzaine jours, sont des toiles à l’huile ou des dessins, réalisés à partir d’une technique très ancienne, datant du XIVe et XV siècles, à base de crayon noir, blanc et sanguine, avec des rehauts de gouaches sur papier teinté.
On y découvre ainsi les dessins de chats, les peintures et dessins d’endroits à la fois lointains, comme le patio d’une demeure à Marrakech, une villa à Palm Beach ou une maison en Provence….et proches, comme les très belles représentations de Tronoën. Questionné sur sa technique, Jean-Yves Buhannic explique qu’il « dessine sur motif ». Ainsi, il dit « travailler à partir de la réalité, que l’on peut interpréter » : il se « plante devant le sujet, devant les objets qui évoquent les voyages. » Alors, « si certains écrivent sur leurs voyages, d’autres, comme moi, dessinent les souvenirs.» Précisant se retrouver plus dans l’image que dans les mots, alors même qu’il a écrit aussi des nouvelles, c’est la peinture qui s’impose plus immédiatement à lui.
Le lien de l’artiste à son œuvre est alors forcément intense, fusionnel et, lorsque certains acquièrent des toiles, Jean-Yves Buhannic sait « où elles vont » ; « j’ai besoin d’un lien » précise-t-il, «j’ai besoin d’un cordon ombilical avec les œuvres parties et je m’arrange pour qu’il y ait ce lien. En général, je connais ceux et celles qui acquièrent mes toiles, ce sont des amis ou des amis d’amis…et puis, je donne aussi. »
Si le lieu d’exposition, comme ici, est un lieu de passage, où se croisent les amoureux de la peinture, les touristes, les amis, il devient aussi parfois lieu de rencontre : « les gens d’ici » dit-il « viennent me voir ; ils ne viennent pas chez moi, par pudeur et discrétion, mais ici, ils viennent, ils se sentent libres et on discute. »