En ce joli mois d’octobre, nous avons eu le plaisir immense de croiser le chemin de Melaine Favennec. Vous le connaissez !
Tout d’abord, un visage auréolé de cheveux blancs, un grand front haut et large, un regard bleu transparent qui vous regarde, vous, mais qui aussi, tourné vers l’intérieur, cherche, puise et fait monter les mots superbes qu’il porte ensuite dans la lumière de ses spectacles, accompagnés par la musique de son violon, de sa guitare. Compositeur, musicien, chanteur, peintre, aussi, de barques aux couleurs du temps, Melaine Favennec est un artiste complet.
Mais il est tout d’abord un poète, « un poète multi-média » comme il le dit lui-même, qui a besoin de la vibration de la chanson, de ses yeux pour voir, de son corps pour porter tout cela. « Je danse, même assis » dit-il. Melaine danse les mots, dans la lumière de la scène. Et c'est bien sur scène où, selon son expression, il est le plus « centré ».
Personnalité connue de notre Bigoudénie, Melaine Favennec est un artiste majeur reconnu bien ailleurs dans le vaste monde (Grand Prix de l’Académie Charles-Cros, prix régional à la Création pour son opus « La Chambre » en 1989). Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Mais revendiquons, une fois n’est pas coutume, notre Troubadour à nous.
« Trobador » qui est (comme l’étymologie provençale du nom l’indique) « de trouver des mots et composer des mélodies condensant en quelques minutes tout un fragment de vie,
avec ses joies, ses peines, ses espoirs et ses désillusions. » C’est tout ce que chante Melaine. Il lui est ainsi arrivé, à la fin de ses spectacles, de rencontrer des gens venus lui dire combien, dans telle chanson, l’émotion les submergeait tant les mots racontaient, par moments, leur vie à eux.
Melaine Favennec habite depuis 25 ans dans le pays bigouden, tout près de l’Océan, de Tronoën, d’une plage au sable fin où soufflent les vents du large. On le voit parfois se promener, mains dans le dos, de sa démarche lente et tranquille de « postier breton », vers cette Torche lumineuse au soleil couchant. « Sans le pays bigouden » raconte Melaine, « je n’aurais pas senti le vent, qui fait pencher les arbres. » Sans ce paysage pas toujours accueillant, lieu de frontière et d’adversité, ne seraient peut-être pas nées deux admirables chansons de son dernier album « Hey ! Ho ! »
Mona L’Yseut, envers de la légende (celle qui attend le retour de l’homme), femme libre qui surfe sur l’eau, fendant l’écume des vagues. Et puis, « Mon pays, c’est l’Univers, l’Univers ça commence là où je suis ». Appartenance à un pays qui permet « d’être droit, d’aimer et d’être aimé, dans une communauté fraternelle qui recentre, avec plein de gens autour. » Appartenance à un pays ouvert sur le large, au-delà de la mer infinie qui roule ses tambours pour nous dire l’histoire des hommes, de l’autre côté. De l’Univers à la Torche, de la Torche à l’Univers, ronde de la fraternité, partage d’espoirs, d’obscurité, de lumières.
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